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jeudi 17 juillet 2014

L'aigle de Suger, du vase à l'aiguière...


Rien à faire pendant les vacances? Balladez-vous ou amusez-vous dans les musées.

J'y ai découvert ce magnifique aigle aux ailes déployées en porphyre rouge, dit de Suger. Le vase date de la Rome Impériale (ou peut-être provient-il d'Egypte, on ne sait?).

Il a été serti dans une monture en vermeil (argent niellé et doré) vers 1140/1147.

L'aigle en vermeil a été exécuté à la demande de l'abbé Suger qui avait découvert ce vase dans une malle de l'abbaye de St Denis.

C'est ainsi qu'un ancien vase romain en porphyre rouge s'est mué en une très belle aiguière pour le service liturgique de l'abbaye de St Denis.

L'ensemble provient du Trésor de la Basilique de St Denis, en région parisienne, s'inspire de l'art bysantin, et annonce les débuts de l'art gothique. Vous pouvez l'admirer au Louvre.

Une inscription en latin figure sur cette spendide oeuvre d'art : "INCLU (di) GEMMIS LAPIS ISTE MERE (t) UR ET AURO / MARMOR ERAT SED IN HIS MARMORE CARIOR EST".

Ce qui signifie : "Cette pierre méritait d'être sertie dans l'or et les pierres précieuses. Elle était de marbre, mais ainsi elle est plus précieuse que le marbre".



mercredi 4 juin 2014

Cour des Dragons, de l'Hôtel Crozat au Louvre!

Il a quitté l'ancienne rue des Egouts (aujourd'hui occupée par la rue de Renne, percée en 1866), dans le sixième arrondissement parisien, pour venir se reposer ici dans cette cour couverte du Louvre.

Il a quitté le fronton du portail monumental donnant accès à la cour du Dragon (aujourd'hui disparue) pour venir s'échouer au milieu des plus belles statues du musée parisien...

Il aurait pu ne jamais arriver là, mais ce dragon de pierre, majestueux et imposant, oeuvre d'Ambroise Slodtz est un des rares exemples conservés de décor de style rocaille exécutés pour un édifice parisien.


Cet animal fabuleux a été commandé par le richissime financier Antoine Crozat (1655-1738) pour rehausser le portail donnant accès à la cour des Dragons et à l’hôtel de Madame Crozat.

Il représenterait le dragon de Sainte Marguerite, patronne de la rue qui lui faisait face (rue Ste Marguerite, aujourd'hui rue de Solzt), mais aussi sainte patronne de l'épouse du commanditaire.
Situé sous un riche balcon, ce bas relief formait la clef de l'arc de la façade du portail d'accès à la cour intérieure, dont il était aussi l'ornement majeur.

Cet ensemble de bâtiments que l'on doit à l'architecte Pierre de Vigny (1690-1772), a été construit entre 1728 et 1732. La cour a longtemps abrité de nombreuses échoppes et notamment des ferrailleurs.


Depuis 1935 et la démolition de la cour du Dragon, la statue est installée au musée du Louvre. Une copie en résine de cet ensemble rappelle cet événement. Elle a été installée au dessus du numéro 50 de la rue de Renne, à l'emplacement de l'ancienne entrée de la cour du Dragon, laquelle donnait aussi sur la rue du Sépulcre, devenue en 1808 rue du Dragon.



mardi 20 mai 2014

Aquamaniles, des lions pour se laver les mains...

Aquamanile en forme de lion. Bronze. Louvre.
"Je m'en lave les mains" aurait pu dire Ponce Pilate. Partons aujourd'hui à la découverte des ces drôles d'ustensiles destinés à se laver les mains, les "Aquamaniles" ou récipients médiévaux destinés au lavage des mains dans la vie courante, comme dans la liturgie.

Réalisés en alliage (bronze à la cire perdue), en céramique ou en métaux précieux, ces récipients creux munis d'une anse étaient destinés à contenir l'eau pour les ablutions quotidiennes.
 Aquamanile en forme de lion vers 1400, bronze.



Le mot vient du latin : aqua (eau) et manile (main). On les distingue des aiguières, récipients à pieds de forme ovoïde destinés à contenir de l'eau, mot issu de l'occitan aiga (eau), ou des puisettes, autre sorte de petit récipient à eau.





On recense aujourd'hui environ 380 aquamaniles en alliage cuivreux médiévaux. Un tiers d'entre elles représentent des lions. Les autres ont généralement aussi une forme animale (chimères avimorphes, griffons, dragons, oiseaux, chevaux etc...).

Les aquamaniles sont apparues en Orient. Elles ont ensuite été assimilées en Europe au début du Moyen Age. Avant de connaître l'apogée de leur utilisation durant le Moyen Age tardif.

Aquamanile en forme de lion. Cuivre. Louvre.


Les aquamaniles qui nous sont parvenues sont majoritairement des production allemandes (Ici surtout de Basse-Saxe) des XIIIe et XIVe siècles, (ici en bronze ou en cuivre). Leur forme animalière les distingue des classique aiguières. Celles que je vous présente ici sont visibles au Louvre à Paris.

















dimanche 20 avril 2014

Bonnes Fêtes de Pâques !

Cette année pour Pâques, je vous propose une petite virée insolite au musée du Moyen-Age de Cluny, à Paris.

Insolite, parce que vous n'avez sans doute jamais remarqué ces quelques pièces du musée sur la Résurrection du Christ, que les chrétiens célèbrent le jour de Pâques.



Jetons donc un regard sur ces anges trompetant leur joie (à droite) et sur ce Christ portant sur la poitrine l'Agneau Pascal, symbole du Christ ressuscité, présent dans l'eucharistie.





Arrêtons nous aussi sur ces pièces métalliques montrant les quatre évangélistes : Saint Jean-l'aigle, Saint Matthieu-l'ange (ou homme ailé), Saint Luc-le taureau et Saint Marc-le lion, selon la représentation traditionnelle du tétramorphe.



Bonnes fêtes de Pâques à tous.



mardi 25 mars 2014

Une course hippique modélisée en 3D pour le "Saut Hermes" 2014...

Source Dassaut Systèmes.
Cette année pour la première fois, la société Dassault Systèmes s'est penchée sur le 5ème "Saut Hermès", un événement hippique international qui s'est tenu du 14 au 16 mars 2014 à Paris sous la verrière du Grand Palais.

La compétition était retransmise dans le monde entier notamment via la chaîne d'information sportive Eurosport, partenaire de l'entreprise française pour ce projet. Les spectateurs ont donc pu assister à une première : la retransmission en "3D" de ce concours de saut d'obstacle. Une façon pour le téléspectateur d'avoir l'impression d'être au coeur de l'action et de la surplomber.

La confection de la modélisation en 3 dimensions s'est effectuée avec l'aide d'une cavalière professionnelle : Pénélope Leprevost et de son cheval, comme l'explique Muriel Descamps sur le site de la société.
Au total, pas moins d'une centaine de séquences ont été enregistrées avec ce cheval, à différentes allures : trot, galop, etc... Pour être le plus réaliste possibles, l'équipe des ingénieurs de Dassault Systèmes a fait appel à Michel Robert, un autre cavalier professionnel reconnu de saut d'obstacle (voir vidéo).





Un travail considérable de modélisation d'images a donc été effectué par les équipes d'ingénieurs français. Mais il manquait encore le principal. Il leur a aussi fallu intégrer les détails du parcours réel et complet de chaque épreuve de la course du "Saut Hermès" , ce qui n'a été possible que 48h avant le concours en lui même. Un délai très court pour cause de confidentialité du parcours des épreuves.

Mais le travail n'est pas encore complètement terminé. Il reste une dernière étape qui intéresse encore l'équipe de designers de la société : pouvoir intégrer aussi les images prises par les caméras pendant le concours, pour faire coller leur projet 3D virtuel encore plus près de la réalité.
Un enjeux qui pourrait intéresser les entraîneurs, les cavaliers, les présentateurs et bien d'autre encore, pour mieux comprendre, comparer et expliquer le déroulement exact d'une course de saut d'obstacle. On pourrait même rêver d'étendre ce projet à d'autre sports.

La verrrière du Grand Palais a maintenant retrouvé son calme, sous le regard placide des deux quadriges qui la surplombent à 30m de haut : "l'Harmonie triomphant de la discorde" côté Seine, et "l'Immortalité devançant le temps" côté Champs-Elysées. Deux sculptures monumentales qui ont vu passer des rencontres équestres sous cette voûte de lumière de 1901 à 1957 et maintenant à nouveau depuis cinq ans.




Merci à "XYZ" qui renvoie sur cet article tous les passionnés de technologie qui veulent en savoir plus sur la modélisation en 3D du "Saut Hermès 2014"

mardi 4 février 2014

Pixar, 25 ans d'histoires et d'animaux...

Quand la France décide de lancer son grand musée des "Arts Ludiques : Le Musée" dédié à l'animation, c'est avec l'exposition "Pixar 25 ans d'animation" qu'elle le fait.
Le musée à ouvert ses portes le 16 novembre 2013 à Paris,sur les quais de Seine, tout contre la gare d'Austerlitz.

Il présente jusqu'au 2 mars 2014 l'exposition itinérante "Pixar 25 ans d'animation", crée en 2006 pour le MoMA de New-York, et présentée depuis, un peu partout dans le monde.
Le bâtiment en béton est un peu froid, mais ce "vaisseau amiral" de la Cité de la mode et du design se prêtait très bien à la découverte des artistes de l'animation, de leur travail créatif et de ses contraintes.

L'exposition montre l'envers du décor. Quand les futurs films ne sont que des esquisses au crayon et les décors des pastels colorés. Plus de 500 oeuvres, dessins, esquisses, sculptures en résine, études de personnages, recherches de décors ou story-board retracent la genèse des films de Pixar.

L'exposition présente aussi le spectaculaire "zootrope" de "Toy Story", sorte de jouet optique breveté en 1867 aux Etats-Unis et qui réussit à créer l'illusion d'une image animée bien avant l'invention du cinémas. Il suffit de faire tourner une séquence d'images fixes à l'intérieur d'un cylindre. Puis de jouer sur les fentes de lumière qui laissent voir les images (et sur les flash stroboscopiques dans le cas de celui-ci). Pour réaliser cette attraction, l'équipe de Pixar s'est inspirée du magnifique zootrope en 3 dimensions créé par le musée Ghibli à Mitaka (Japon).

 
Autre superbe réalisation de cette exposition "Pixar 25 ans d'animation", le captivant "Artscape", un mur d'images qui s'animent, s'étirent, se déplacent et se rencontrent les unes les autres pour construire une expérience inédite et visuellement incroyable.

Quel est le point commun entre "Le Monde de Némo", "Toy Story", ou encore "1001 Pattes" ou "Ratatouille" ? Tous ces film d'animation ont été produits par la société Pixar Animation Studios. D'abord fondé comme sous groupe de la division informatique de la firme Lucasfilm Ltd, les studios Pixar doivent leur nom à leur rachat par Steve Job en 1986. Ils appartiennent au groupe Walt Disney depuis 2006.

Thème récurrent des studios Pixar "le développement personnel" du personnage central dans son univers. Selon John Lasseter, ancien responsable de l'animation pour Pixar et Disney : « il faut être concentré sur le développement du personnage principal, et sur la façon dont il évolue ». Certains personnages réapparaissent ailleurs dans d'autres films (comme Némo devenu un jouet de Bouh dans Monstres et Cie, par exemple). 
 
Mais dans l'ensemble chaque film met en scène ses propres héros, dans une bonne histoire avec un décor unique et crédible. Ce sont là les trois recettes d'un bon film d'animation, les trois pilliers de travail des artistes de Pixar et les trois axes de découverte de cette superbe exposition. 
 
Une exposition destinée autant aux plus jeunes qu'aux parents. Les personnages prennent vie entre deux crayonnés avant d'être modélisés en résine, étape indispensable pour la réalisation sur ordinateur de l'animation. 
Les dessins sont magnifiques et les décors au pastel montrent bien l'atmosphère propre à chaque histoire. Un vrai travail d'artiste "à l'ancienne" avec crayons, feutres, encre, gouache et même collages pour les recherches sur les habits des héros de "The Incredibles".


Une exposition Pixar à voir en famille donc, en attendant la première grande exposition consacrée aux super héros de Marvel, prévue aux "Arts ludiques : le Musée" du 22 mars au 31 août 2014.




Un petit plus pour finir : cette carte du monde réalisée par un fan qui recense les principaux films d'animation Disney et Pixar en fonction du pays où l'action se déroule. Amusant.

jeudi 4 juillet 2013

Fontaine des Quatre Saisons - Paris Animal

La fontaine des Quatre Saisons. Paris 7e.
Il n'est pas rare d'être surpris au détour d'une promenade en ville.

Paris, par une belle matinée, rue de Grenelle, une petite rue du 7e arrondissement, un mur qui s'incurve et me voilà devant la Fontaine des Quatre Saisons.

Cette fontaine monumentale (près de 10 mètres de haut par 20 de long) était destinée à fournir de l'eau aux habitants du quartier, mais surtout à souligner la gloire du roi Louis XV.
Statues des 4 saisons.

Elle fut ahcevée en 1745 après de longs et très couteux travaux. Chacune des saisons est représentée par un bas relief et une statue, accompagnés à chaque fois d'un animal différent.

Une telle démesure avait fait réagir Voltaire (lettre au Comte de Caylus de 1739) qui se moque de cette fontaine gigantesque cachée dans une si petite rue, pour rendre un si petit service.

C'est Edmé Bouchardon qui fut chargé de la conception et de la décoration de cette nouvelle fontaine parisienne, pour la plus grande joie de Turgot très satisfait de son travail.
Alimentée par les eaux de Rungis puis par la pompe du Gros-Cailloux après 1787, cette fontaine est finalement abandonnée faute de débit d'eau suffisant. Elle n'a été remise en eaux qu'en 1978 par la ville de Paris.

Les Saisons. Le chien.
 Fontaine des Quatre Saisons, elle est ornée de quatre bas reliefs et de quatre statues symbolisant les saisons.Il s'agit d'une construction de style classique sans bassin. Seules les quatre mascarons de bronze représentant des têtes de monstres marins situés en bas de la composition à cinquante centimètre du sol rappellent qu'il s'agit bien là d'une fontaine.

 Le groupe central représente une allégorie de la ville de Paris assise entourée de la Seine et de la Marne. De part et d'autre deux bas reliefs et deux statues grandeur nature représentent le printmps, l'été, l'automne et l'hivers.

Les saisons. Le bellier.
L'ensemble est surmonté d'un fronton orné d'une inscription latine, disant à peu près ceci : "Au temps où Louis XV,père excellent et amour de son peuple, garant de la paix publique,après avoir étendu sans dommage les frontières du royaume de France,après avoir obtenu la paix entre les Germains, les Russes et les Ottomans,régnait avec gloire et pacifiquement, le préfet et les édiles ont consacré cette fontaine pour l'utilité des habitants et l'ornement de la ville,en l'an du Seigneur 1739"


 

jeudi 27 juin 2013

Pub RATP : Tête en Campagne, Animaux en Vedette!

Source : RATP la réclame.
La RATP, le service de métro parisien, a lancé cette année une campagne de publicité axée sur le civisme avec des "homme-animaux".
Une série de visuels mettant en scène des personnes à tête d'animaux viennent rappeler avec un peu d'humour les rêgles de bonne conduite à tenir dans les transports en commun.
Histoire d'en rire et de s'y tenir, les slogans reprennent les numéro de lignes de métro avec un commentaire adapté.
"Ne pas bousculer les autres" sonne beaucoup mieux quand l'affiche montre un affreux bonhomme à tête de taureau déboulant tête la première dans une rame bondée. Une image bien vivante de ce que tous ceux qui empruntent le métro parisien ont pu voir ou subir un jour. Et qui bien sûr, ne fera pas partir le train plus vite...
Mais il y a aussi dans cette galerie de portaits animalier la grenouille qui veut sauter les barrières sans payer, le paresseux qui oublie de céder sa place quand tout le monde est débout, la pie qui bavarde à voix très très haute, et bien d'autres encore.

















mardi 11 décembre 2012

Les Animaux Mosaïques aux Arts Islamiques du Louvres.

Aujourd'hui visite au tout nouveau département des Arts Islamiques du Louvres. C'est une mine d'or au rayonnement incroyable que cette nouvelle salle d'exposition.
Les conservateurs ont fait le pari qu'il était possible d'ouvrir le patrimoine culturel du Moyen Orient de l'époque Islamique (VIIe XVIIe siècles) aux regards des visiteurs.
Pari réussi et j'y reviendrais sûrement dans d'autres posts. Ils ont fait confiance à leurs éminences grises et bien leur en a pris car cette confiance a été payante pour le plus grand bien de la communauté des visiteurs du musée.
Je vais donc vous parler ici des animaux dans l'Art Moyen Oriental de l'époque islamique. Et il y en a beaucoup car les artistes de cette région, à cette période, ont surtout représenté des animaux et des végétaux.

Commençons par la mosaïque. Les nouvelles salles du Département des Arts Islamiques du Louvres permettent de présenter les magnifiques mosaïques du musée sur cette période.

Petite démonstration en images et en couleur.



A lire aussi : lesAnim(art) Islamiques au Louvres.

mardi 11 septembre 2012

Les Chevaux de Géricault

Chasseur de la garde. Wikipédia.

Né en pleine révolution française, en 1791, Théodore Géricault (1791 - 1824) est peintre et sculpteur. Il a beaucoup travaillé notamment sur le thème du cheval, qui le passionnait.
Géricault dessine, peint, réalise des lithographies et sculpte aussi, peu mais très bien.

Originaire de Normandie, Géricault y côtoie très tôt le monde équestre. C'est de là que lui viendra son attrait pour les chevaux. Il fera ensuite ses débuts en peinture dans l'atelier du peintre Carle Vernet à Paris, spécialiste des scènes de chasse.

Le "Chasseur de la garde impériale" ou "officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant" sera sa première œuvre exposée au Salon en 1812. On peut y voir une réponse  au tableau de David "Napoléon franchissant les Alpes", conservé au château de la Malmaison en région parisienne. Présage funeste ou allégorie de la victoire guerrière, les avis des critiques divergent selon les époques au sujet de ce premier tableau exposé par Géricault.


Cuirassier blessé quittant le feu. Louvres.




Cette première grande œuvre sera suivie deux ans plus tard par un autre portrait de cavalier, le "Cuirassier blessé quittant le feu" (1814) qui sera interprété comme le symbole de la débâcle de l'armée Napoléonienne lors de la campagne de France. C'est sous un ciel lourd et orageux que l'officier et sa monture quittent le champ de bataille, fatigués, la bride à la main, heureux d'avoir échappé au carnage.
Deux œuvres contrastées et dramatiques. Deux portraits équestres qui susciteront un certain intérêt pour le jeune peintre.


Jules Verne, qui était bien de son temps a décrit dans "Vingt Mille lieues sous les mers" l'intérieur du Nautilus. Y sont accrochés de nombreux tableaux dont "deux toiles de Géricault".
Une galerie virtuelle permet de voir les principaux tableaux de Géricault sous forme de portefolio. Géricault a aussi peint une magnifique tête de lionne vers 1819.







Le derby d'Epsom. Wikipédia. 1821.


Parti en Angleterre en 1820, après le rejet de son immense "Radeau de la Méduse" par la critique, Géricault y découvre le monde des courses et se remet à peindre des chevaux, notamment avec le "Derby d'Epsom", tableau exposé au Louvres.

Ce tableau illustre bien les recherches de l'artiste pour représenter le mouvement, mais malgré tout son talent, ses chevaux, qui semblent comme suspendus au dessus du sol ont l'air totalement irréalistes dans leur "galop volant".

Cheval arabe gris blanc. Wikipédia. (vers 1812)




Ce n'est qu'à la fin du XIXeme siècle avec la chronophotographie de Marey et Muybridge que l'on pourra décomposer le mouvement du galop du cheval, et découvrir qu'ils n'ont jamais les quatre pattes allongées en l'air en même temps, comme dans la peinture de Géricault.

Géricault nous a laissé de très nombreux "portraits" de chevaux, montrant par là son intérêt pour "le meilleur ami de l'homme" et son soucis de peindre les animaux de la façon la plus réaliste possible. Géricault a aussi réalisé de nombreux dessins annotés sur l'anatomie équine. Il étudiait des écorchés pour pouvoir rendre au mieux la densité des os et des muscles de ses chevaux.






mardi 28 août 2012

Les Oiseaux de Braque, Variations en mode mineur.


2 Oiseaux sur fond bleu.

En cette fin d'été, un petit tour au Louvre, à Paris, s'impose, pour admirer les Oiseaux du plafond de la salle Henri II peint par Georges Braque (1882 - 1963).

Commandé par le secrétaire d'état aux Beaux-Arts de l'époque, André Cornu, ce plafond de la salle des vases et objets étrusques (salle Henri II) du musée du Louvre a été inauguré en 1953, en présence de l'artiste. Ce qui faisait dire à certains que Braque aura été le premier artiste exposé au Louvre de son vivant...

Les oiseaux de Braque, noirs sur fond bleu, cernés de blanc, viennent donc remplir les trois compartiments du plafond d'origine de l'ancienne antichambre du roi, réalisés en 1557 par le menuisier Scibec de Carpi.

Plafond de la salle du Trône. Louvre.

Pour réaliser ce plafond, Georges Braque s'inspire du thème de l'oiseau. Il peint son sujet à sa manière, inspirée par la nature, mais peu figurative. Les oiseaux semblent voler, comme mis en mouvement par l'artiste. Braque voulait représenter l'espace. Il voulait aussi s'affranchir de la réalité, même s'il s'en inspirait. Car pour Georges Braque : "Écrire n'est pas décrire, peindre n'est pas dépeindre, la vraisemblance n'est que trompe-l’œil". 

Mosaïque : Deux oiseaux.


Une copie de cette œuvre se trouve dans la salle Braque du musée, avec ses nombreuses lithographies. Il s'agit d'une mosaïque intitulée "Étude pour le plafond de la salle Étrusque".


C'est vers la fin de sa vie que le thème des oiseaux colorés et très schématisés apparaît dans l’œuvre de Braque. Les premiers volatiles ne sont que de simples esquisses dans la série de toiles les "Ateliers" réalisées entre 1949 et 1956. Huit toiles à peine figuratives, au thème sombre, qui regroupent tous les souvenirs de l’artiste.

Source : Un sogno italiano.



Finalement les oiseaux finissent par s'imposer dans l’œuvre du peintre vieillissant. Braque y restera fidèle jusqu'à sa mort. Ils symbolisent la paix et la sérénité, mais aussi le rêve et l'évasion. Ils semblent voler, comme s'ils étaient en mouvement.  Un mouvement que l'on retrouve dans cet "Oiseau et son ombre" de 1959, mais aussi dans "Le Messager".



Ils sont le plus souvent peints  dans des camaïeux de bleu, de blanc et de noir, mais certains oiseaux sont aussi très colorés. Ils peuvent être cernés par de larges contours blancs, ou bien seulement esquissés. Ils sont généralement peints avec de grandes taches de couleur posées en aplat.

L'oiseau et son Ombre. Sources : Textes et prétextes.
Georges Braque a commencé sa carrière dans le style impressionniste, avant d'être tenté par le fauvisme. Sa rencontre avec Picasso en 1907 lui permet d'évoluer vers le cubisme. Les deux artistes travailleront ensemble pendant un temps. Mais en 1925, Braque revient à une peinture plus classique et se lance dans les natures mortes. Viendront ensuite les "Ateliers" puis les oiseaux. Oiseaux qui veillent désormais aussi sur sa tombe au cimetière de Varengeville-sur-Mer en Normandie.


Les oiseaux bleu. Source : ac-nancy.
Aux oiseaux de Braque, son contemporain Jacques Prévert (1900 - 1977) répond par une magnifique poésie sur l'oiseau intitulée :

"Pour faire le portrait d'un oiseau" :
Prévert imagine l'artiste peignant son oiseau, et lui recommande de :
"Peindre d'abord une cage
Avec une porte ouverte".
Puis le poète continue : "Peindre ensuite
Quelque chose de joli
Quelque chose de simple
Quelque chose de beau
Quelque chose d'utile pour l'oiseau...."

Et pour finir (...) :

"Fermer doucement la porte avec le pinceau
Puis, 
Effacer un à un tous les barreaux...."
"Pélias et Nélée" (l'Astre et l'Oiseau) d'après Braque.

"Zétès et Calaïs" (Boréades) d'après Braque














"L'Oiseau de feu" ou le Phénix vu par Braque.
Sur la toute fin de sa vie, Braque a aussi travaillé aux "Métamorphoses" une série de 113 gouaches du peintre transposées en sculptures en trois dimensions par des sculpteurs dont Landowski ou en bijoux par le joaillier Heger de Lowenfeld. Ces "Métamorphoses" ont pour thème des dieux et des déesses de la mythologie antique. On y retrouve bien le style de Braque, dans une collaboration fructueuse entre artistes de divers spécialités. Braque a enfin réussi son pari "Libérer l'oiseau, symbole de l'espace et du temps".

"Le Messager" de Braque. Timbre France 1961.


Braque et Saint John Perse ont aussi collaboré étroitement sur ce thème de l'oiseau. Aux gouaches du peintre répondent les vers du poème "Oiseaux" du poète (1962). Une collaboration forte, voulue et réciproque, bien qu'ils s'en défendent tous deux.




Lithographie de Georges Braque.



Durant toute sa vie Braque a dessiné et noté ses réflexions sur des carnets de croquis. Ils nous a laissé ainsi quelques bribes de sa pensée comme cette lithographie reprenant ses sentiments sur l'art "Avec l'âge, l'art et la vie ne font qu'un".
En 1917 Reverdy publie les "Pensées et réflexions sur la peinture" de son ami très cher, Georges Braque, dans sa revue Nord-Sud. C'est un peu la matrice du "Cahier" de Braque qui sera publié en 1947. "J'aime la règle qui corrige l'émotion" disait Braque sur la peinture et sur sa poésie.

mardi 14 août 2012

"Paris Animal" à lire en flanant cet été...


Cet été, je vous propose de flâner la tête en l'air dans les rues de Paris.  Partez à l'assaut des nombreuses traces de la présence animale dans la capitale française avec ce livre aussi instructif qu'amusant : "Paris Animal, un inventaire insolite" de Hélène Hatte et Valérie Rialland Haddach, aux éditions Berg International.



Organisé sous forme de dictionnaire, cet ouvrage rassemble toutes les entrées concernant les animaux, dans la capitale parisienne : noms de rues, fontaines, sculptures, décors apposés sur les immeubles, mais aussi anecdotes, histoires et petites histoires. L'ouvrage regorge de descriptions originales sur les façades de nos immeubles comme sur l'histoire de Paris.








Depuis le lion de la Place Denfert Rochereau, souvenir de la guerre de 1870, jusqu'au cheval sculpté sur le fronton de l’hôtel de Rohan, en passant par "l’Âne" tirant sa carriole, sculpture de François Xavier Lalanne, en 1992, pour le parc Georges Brassens, Paris ne manque pas d'animaux bien réels ou imaginaires, décors privilégiés de ses murs et de ses espaces publics.





Plusieurs bâtiments illustrent aussi ce bestiaire animalier de la capitale : le théâtre des "Deux-Anes", où il fait bon rire avec ses chansonniers, la salle de spectacle "La Cigale", lieu de spectacles, mais aussi la rue aux Ours dans le troisième arrondissement. Tous ont leur histoire, que résume bien ce livre original. A déguster sans modération dans les rues de la capitale.






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