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lundi 1 octobre 2012

Traiter "Des Oiseaux" au XIIIème siècle, tout un art...

Le Phénix d'Hugues de Fouilloy.

La bibliothèque d’agglomération de Saint Omer en Normandie a mis en ligne cinq photos des enluminures du "Traité des Oiseaux" de Hugues de Fouilloy, datant du XIIIème siècle (1210-1225). Ce manuscrit provient de l'abbaye de Notre Dame de Clairmarais.

Les cinq oiseaux présentés sont accompagnés d'une inscription latine les concernant, comme par exemple "Cri du paon, maître effrayant" ou "Intelligence du coq, prudence du maître".  Du Phénix qui renaît de son sang, au Milan en passant par le Corbeau, le Cygne, le Paon et le Coq, l'auteur décrit dans son manuscrit tout un bestiaire d'oiseaux. Mais son but est bien d'instruire par le divertissement les moines dont il a la charge.


Les colombes. Source : Medieval Bestiary.



L'usage du bestiaire pour instruire les gens était courant à cette époque ou la symbolique était connue de tous. L'art médiéval était friand de ces représentations et ne fait pas vraiment de différence entre animaux mythologiques et animaux exotiques. Tous ont leur place dans le bestiaire.



Paon ou Corbeau ?



Son deuxième livre "De Avibus" a été rédigé en latin entre 1130 et 1160. Il s'agit d'un traité sur la signification symbolique des oiseaux mentionnés dans la bible et surtout dans le Nouveau Testament. La liste rappelle celle du "Physiologus", augmentée du travail des "Etymologies" d'Isidore de Séville, (surtout le livre XI "L'Homme et les Monstres" et le livre XII sur la description des animaux du bestiaire médiéval).

Soixante chapitres au total dont vingt-deux sur la Colombe et l'Autour qui symbolisent pour l'auteur le clerc et le chevalier, tous deux convertis à la vie monastique.

Viennent ensuite quinze chapitres sur la Touterelle et les Passereaux, symboles de la vie érémitique solitaire et de la vie cénobitique du religieux actif.

Cygne ou Milan? Bibliothèque de St Omer.



Les vingt-trois dernier chapitres sont consacrés à une sorte de bestiaire de morale traditionnelle des oiseaux. Pas moins de 127 éditions différentes de ce traité nous sont parvenues, sans compter les éditions récentes.


L'ensemble de ce "Traité des Oiseaux" comprend une trentaine de miniatures. Les cinq premières sont annotées ou illustrées en forme de diagramme.

Derrière son côté bestiaire, ce traité évoque le sens de la vie religieuse, ses devoirs et ses obligations. C'est particulièrement visible dans les cinq premières illustrations de l'ouvrage, qui montrent de nombreuses analogies avec la règle de Saint Benoit.





Coq ou Phénix ?

 L'auteur de ce manuscrit médiéval, Hugues de Fouilloy, est sans doute né à Fouilloy, près d'Amiens, vers la fin du XIIème siècle. Il était issu de la petite noblesse et sa famille avait reçu ses terres en fief de l'abbaye de Corbie près d'Amiens. Il précise dans son "Traité des Oiseaux" qu'il était clerc avant d'être chanoine. Donc lettré avant de devenir religieux.

Vers 1120, il entre comme frère à l'abbaye de Saint-Laurent-au-Bois. Devenue florissante, la communauté essaime en 1132, et crée une abbaye "fille" à Saint-Nicolas de Régny. Hugues en prend immédiatement la direction, ce qui illustre bien le charisme dont il jouissait alors. Vers 1150, Hugues de Fouilloy refuse la charge de prieur de l'abbaye de Saint-Denis de Rheims qu'on lui propose. Il prendra finalement la direction de son abbaye d'origine Saint-Laurent-au-Bois en 1152 et y restera prieur jusqu'à sa mort vers 1173 ou 1174.



On lui attribue la rédaction de six manuscrits connus dont le "De Avibus" ou "Traité des Oiseaux" dont sont issues ces enluminures. Hugues de Fouilloy a écrit surtout des traité d'exégèse et de morale, et toujours à la demande d'un frère convers ou d'un prieur nouvellement installé. Il utilise donc un style très scolaire.


L'Oie sauvage ou domestique.
La Cigogne.


















Héron ou Geai? Manuscrit de Troyes.

Avec l'aide de Lise, je vous propose de découvrir les images et les commentaires de ce manuscrit du traité "Des Oiseaux" de Hugues de Fouilloy conservé à la médiathèque de Troyes. Il présente les explications symboliques des oiseaux de l'ouvrage tel que les pensaient l'auteur vers 1150.
Je vous ai mis en illustration le Héron symbole de l'homme qui recherche les nourritures de l'esprit car "Héron s'envolant âme s'élevant". Une explication qui vient du fait que le héron se nourrit de poissons au sol, mais fait son nid dans les arbres, en hauteur. Et le Geai car "Geai gazouillant bavard calomniant" cet oiseau illustrerait par son bavardage sans sagesse le moine qui perd son temps en bavardage au lieu de travailler au bien commun. Deux exemples parmi d'autres. Vous y retrouverez aussi les oiseaux cités plus haut et bien d'autres encore.





Un grand merci aussi à @muséologique qui m'a fourni cette idée. Qu'en pensez vous? N'hésitez pas à laisser des commentaires, vos idées, vos questions, vos messages. Merci d'avance.


Pour en savoir plus :

Parmi les oiseaux présentés on trouve le Phénix avec l'inscription "Resurrectio phenicis spes future resurrectionis", mais aussi le Milan accompagné de cette inscription "Miluus carnes rapiens, desidiosus uoluptuosa quierens". Le Corbeau est affublé de cette phrase "Coruus crocitans, doctor predicans". Le Cygne majestueux est accompagné de cette devise "Albedo cigno simulatio in conuerso", ce à quoi le Paon lui rétorque cette phrase "Clamor pavonis. terror doctoris". Enfin le coq, qui était déjà gaulois, est accompagné de cette épitaphe "Gallus alis se percutiens est doctor aliis exemplum prebens. intelligentia galli prudentia magistri".









jeudi 20 septembre 2012

Wacky-woollies? moutons? Irlandais sûrement!


Les Wacky-woollies vous connaissez? Non? Et bien cette semaine je vous présente les 16 moutons irlandais drôles et loufoques inventés pour décrire nos attitudes, nos pensées, nos états d'âme, bref tout ce qui nous passe par la tête. On les trouve sur des mugs, des T shirts, des sacs, des cartables, trousses, crayons, blocs-notes et que sais-je encore.

Contrairement au smileys qui ornent nos ordinateurs et autres appareils électroniques, ces petits moutons soulignent nos sentiments dans la vie quotidienne. Ils sont un hymne à la Vie. On peut être triste ou en colère, complètement fou ou très bavard, étourdit ou déconcerté, choqué ou ennuyé, maladroit ou adorable, mais aussi heureux, joyeux, chanceux, irlandais, en voyage, ... ou tout simplement endormis.....


Avec leur drôle de bouille colorée et leur design pour le moins simpliste, ces moutons n'ont rien d'extraordinaire. Pourtant, ils ont conquis leur public par leurs expressions amusantes. Souriants et amusés, ils attendent les visiteurs qui se rendent en Irlande. Et d'aucun, c'est sûr, rapportera un sac ou un crayon Wacky-woollies en souvenir de son séjour.













mardi 11 septembre 2012

Les Chevaux de Géricault

Chasseur de la garde. Wikipédia.

Né en pleine révolution française, en 1791, Théodore Géricault (1791 - 1824) est peintre et sculpteur. Il a beaucoup travaillé notamment sur le thème du cheval, qui le passionnait.
Géricault dessine, peint, réalise des lithographies et sculpte aussi, peu mais très bien.

Originaire de Normandie, Géricault y côtoie très tôt le monde équestre. C'est de là que lui viendra son attrait pour les chevaux. Il fera ensuite ses débuts en peinture dans l'atelier du peintre Carle Vernet à Paris, spécialiste des scènes de chasse.

Le "Chasseur de la garde impériale" ou "officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant" sera sa première œuvre exposée au Salon en 1812. On peut y voir une réponse  au tableau de David "Napoléon franchissant les Alpes", conservé au château de la Malmaison en région parisienne. Présage funeste ou allégorie de la victoire guerrière, les avis des critiques divergent selon les époques au sujet de ce premier tableau exposé par Géricault.


Cuirassier blessé quittant le feu. Louvres.




Cette première grande œuvre sera suivie deux ans plus tard par un autre portrait de cavalier, le "Cuirassier blessé quittant le feu" (1814) qui sera interprété comme le symbole de la débâcle de l'armée Napoléonienne lors de la campagne de France. C'est sous un ciel lourd et orageux que l'officier et sa monture quittent le champ de bataille, fatigués, la bride à la main, heureux d'avoir échappé au carnage.
Deux œuvres contrastées et dramatiques. Deux portraits équestres qui susciteront un certain intérêt pour le jeune peintre.


Jules Verne, qui était bien de son temps a décrit dans "Vingt Mille lieues sous les mers" l'intérieur du Nautilus. Y sont accrochés de nombreux tableaux dont "deux toiles de Géricault".
Une galerie virtuelle permet de voir les principaux tableaux de Géricault sous forme de portefolio. Géricault a aussi peint une magnifique tête de lionne vers 1819.







Le derby d'Epsom. Wikipédia. 1821.


Parti en Angleterre en 1820, après le rejet de son immense "Radeau de la Méduse" par la critique, Géricault y découvre le monde des courses et se remet à peindre des chevaux, notamment avec le "Derby d'Epsom", tableau exposé au Louvres.

Ce tableau illustre bien les recherches de l'artiste pour représenter le mouvement, mais malgré tout son talent, ses chevaux, qui semblent comme suspendus au dessus du sol ont l'air totalement irréalistes dans leur "galop volant".

Cheval arabe gris blanc. Wikipédia. (vers 1812)




Ce n'est qu'à la fin du XIXeme siècle avec la chronophotographie de Marey et Muybridge que l'on pourra décomposer le mouvement du galop du cheval, et découvrir qu'ils n'ont jamais les quatre pattes allongées en l'air en même temps, comme dans la peinture de Géricault.

Géricault nous a laissé de très nombreux "portraits" de chevaux, montrant par là son intérêt pour "le meilleur ami de l'homme" et son soucis de peindre les animaux de la façon la plus réaliste possible. Géricault a aussi réalisé de nombreux dessins annotés sur l'anatomie équine. Il étudiait des écorchés pour pouvoir rendre au mieux la densité des os et des muscles de ses chevaux.






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